Secteur IT et Green Marketing

Secteur IT et Green Marketing
Compte-rendu du 17 septembre 2010

Le green IT a pris une place prépondérante dans l’actualité de notre marché. Cette évolution de l’offre s’inscrit dans un contexte général où l’ensemble des entreprises et organisations intègre de nouveaux enjeux économiques, environnementaux, sociaux et contraintes réglementaires. Aussi, le CMIT a-t-il décidé de faire le point sur les enjeux de la responsabilité environnementale dans les métiers de la communication et du marketing. A cet effet, François Trouillet (CA Technologies) s’est entouré de spécialistes pour mieux cerner les impacts économiques avec, Christian de Perthuis (Docteur d’état en sciences économiques), communiquer efficacement sans « greenwashing » avec Gildas Bonnel (Président de l’agence Si# – experte sur les enjeux de la communication responsable – et membre de l’AACC), mais aussi étudier les aspects de la collecte, du reconditionnement et du recyclage de parc informatique avec Pierre Lambin (Directeur d’Ateliers sans Frontières).

Pour cette séance de rentrée, le CMIT a invité ses membres pour aborder les différents aspects du Green IT, sans détours ni langue de bois… qualités que l’on peut facilement dédier à François Trouillet, organisateur et animateur de cette session qui s’est tenue au Comptoir Général, et pour cause…

 Le Comptoir Général est un espace événementiel « responsable » dédié à la solidarité et à l’environnement. Situé au centre de Paris et en partenariat avec La Ruche, ce lieu hors du commun est équipé et géré de façon à réduire l’impact environnemental des événements accueillis (isolation optimisée, récupération des eaux de pluie, utilisation prioritaire de matériaux recyclés, de produits bio…). Il fait la place belle au réemploi et à la récupération. Autre particularité que souligne Alexandre Guilluy, responsable des lieux, le Comptoir Général est géré comme un « social business » : l’objectif n’est pas le profit mais l’équilibre financier. Quand une entreprise loue une salle au tarif normal, elle permet indirectement à une association de bénéficier de l’espace à un tarif réduit, voire d’une disposition à titre gracieux quand le projet soumis est particulièrement innovant et utile. Plus d’infos sur http://www.lecomptoirgeneral.com

 Une démarche d’achats IT plus « responsable »
Pour bien poser le débat, commençons par une définition du Green IT, d’une informatique « responsable et durable ». Pour le CIGREF, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) responsables et durables (Green IT en anglais) sont constituées de l’ensemble des méthodes, logiciels, matériels, services et processus qui :

  1. Promeuvent un meilleur respect de l’environnement,
  2. Améliorent les conditions de vie des citoyens et de travail des salariés,
  3. Aident les entreprises à gérer l’évolution du cadre réglementaire lié à l’environnement,
  4. Participent à la croissance « verte » de l’économie en encourageant les effets de levier positifs des TIC sur l’environnement et les conditions sociales.

 Pour Fred Bordage (www.greenit.fr), le Green IT peut être divisé en trois catégories :

Green IT 1.0 : réduire l’empreinte des TIC

– Pollutions et pressions sur les ressources rares (env. et social)

– Conditions de production (env. et social)

– Réduction des coûts (Eco.)

Green IT 1.5 : réduire l’empreinte de l’organisation

– Déplacements et flux

Green IT 2.0 : réduire l’empreinte du cœur de métier

 Les enjeux du Green IT sont multiples (économiques, sociaux, environnementaux). Ils nécessitent une démarche d’achats plus responsable. Pour en prendre la mesure, quelques chiffrent qui marquent l’empreinte des TIC sur l’environnement :

• On estime que 70 à 80 % du CO2 émis au cours du cycle de vie d’un produit électronique est émis lors de sa production.

• La puissance nécessaire pour envoyer un email double tous les 2 ans.

• La fabrication d’un ordinateur en Chine émet 24x plus de CO2 que 1 an d’utilisation en France.

• La facture électrique du SI : 50 % poste de travail, 30 % serveurs et réseaux et 20 % télécom.

• En France, 80% des équipements électroniques finissent à la décharge (>> nappe phréatique >> votre assiette).

 Selon le Gartner, 2008 est l’année du Green IT et 2009 celle du Cloud. Quid de 2010 ? Les deux confondus. Le cloud serait-il synonyme de green ?

Greenwashing : de nombreuses entreprises en sont adeptes
Qu’est ce que le greenwashing ? Le greenwashing (anglais), l’écoblanchiment (français) ou la mascarade écologique (québécois), est le fait de tromper les consommateurs sur les pratiques environnementales d’une société ou les avantages environnementaux d’un produit ou d’un service.

Les effets de la crise économique se font sentir sur le marché du Green IT 1.0 (réduction de l’empreinte environnementale des TIC) dans les entreprises du monde entier. En effet, selon l’étude Market Update « The State Of Green IT Adoption, Q2 2010 de Forrester Research », les entreprises visent désormais les économies financières à court terme, en priorité. Alors qu’en 2007, 50 % des entreprises mettaient en place des programmes Green

IT pour réduire leur empreinte environnementale, en 2010 elles ne sont plus que 30 % à piloter les projets Green IT avec cet objectif prioritaire en tête. Par ailleurs, 72% des entreprises américaines et 68% des entreprises européennes résument encore le Green IT à la réduction de la consommation d’énergie sur la phase d’utilisation, via l’achat de matériels neufs plus économes.

Quoi qu’il en soit, près de la moitié des entreprises européennes (43%) reconnaissent à demi- mots qu’il s’agit également de projets liés à l’image de marque. Bref, les projets Green IT doivent d’abord permettre de faire des économies ($) et de redorer l’image de l’entreprise. Le développement durable n’arrive qu’en quatrième position (derrière l’amélioration de la productivité du système d’information) et n’a réellement d’intérêt que pour 12% des personnes interrogées. 40 % des entreprises regrettent l’absence de ROI clair.

Quid aujourd’hui ? Selon la dernière étude du centre de recherche Forester (23/07/2010), l’éco-responsabilité des pôles IT des entreprises se développe plutôt bien, même si c’est encore insuffisant. L’étude Forrester concernant l’état actuel de la mise en place du Green IT dans le monde démontre principalement qu’en matière d’adoption, c’est l’argument « coût » qui prime durant la décision, plus qu’une réelle volonté de préserver la planète. Malgré tout, la conséquence reste la même, et 59 % des entreprises prennent en considération le critère écologique lors de la mise en place d’équipements IT. Selon l’enquête, quelques obstacles freinent encore le développement du Green IT. Déjà, l’absence de présentation claire des avantages compétitifs que cela pourrait représenter pour l’entreprise, et de l’éventuel retour sur investissement est un facteur qui touche 40 % des sondés.

Selon Forrester Research, le marché des services autour du green IT devrait connaître une croissance de 60 % par an d’ici 2013 pour atteindre 4,8 milliards de dollars à cet horizon. Cela représente 1 % du marché des prestations de service informatique évalué à 500 milliards de dollars par an.

Tous ces chiffres étant donnés, François Trouillet passe respectivement la parole à Pierre Lambin (Ateliers Sans Frontières) et Christian de Perthuis (« Nos choix économiques face au risque climatique »).

 Ateliers Sans Frontières : aider, récupérer, transformer…
Placés au cœur du développement durable, les Ateliers Sans Frontières ont une triple mission :

  1. Offrir un tremplin pour les personnes en difficulté
  2. Lutter contre le gaspillage en favorisant le réemploi
  3. Soutenir des projets de solidarité

Plus de 250 emplois d’insertion ont été créés depuis sa création en 2003. Les entreprises font appel à Ateliers Sans Frontières pour :

  1. Le cadre légal : traitement des matériels sur un site ICPE, conforme à la réglementation
  2. Réactivité : capacité de collecte dans les 72 heures
  3. Compétitivité des prix
  4. Sécurité et traçabilité
  5. Recyclage
  6. Solidarité

Vous pouvez contacter Pierre Lambin : p.lambin@ateliersansfrontieres.org (01 56 71 28 28)

Nos choix économiques face au risque climatique

Prenons désormais un peu d’altitude avec l’économiste Christian de Perthuis qui nous livre son analyse – souvent critique – de la situation en matière de risque climatique (dû aux émissions de gaz à effets de serre) et d’actions (ou inactions) pour changer la donne.

Docteur d’État en sciences économiques, Professeur associé à l’Université Paris-Dauphine, Christian de Perthuis a dirigé la veille stratégique du groupe Caisse des dépôts jusqu’en 2004, date à laquelle il a pris la tête de la Mission Climat de la Caisse des dépôts. Autant dire qu’il connaît bien le sujet ! Morceaux choisis…

« Les climatologues ne disent jamais ce qu’il va se passer dans 20 ou 40 ans car c’est une science en perpétuelle évolution. »

«  L’atmosphère est un voile de moins de 2 mm d’épaisseur si on compare la terre à un ballon de foot. »

« Les modifications de température ont des répercutions considérables sur l’activité humaine qui émet beaucoup de gaz à effets de serre. »

« Il n’y a pas d’incertitude sur le changement climatique. Le climat a toujours changé. Mais il y a incertitude sur le scénario qui va se dérouler. »

« La mobilité s’accroît. C’est un droit qu’on acquiert en démocratie. C’est plus facile d’influer sur la mobilité des marchandises que des personnes. »

« Le e-commerce est une véritable catastrophe en matière de comportement éco-responsable. »

« Il faut traiter l’agriculture et la forêt conjointement. Reconstruire la forêt est l’enjeu le plus stratégique. »

 « Ma conviction : la prise de conscience est indispensable. Elle doit être raisonnée. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut introduire le climat dans la vie économique. Il faut mettre le prix du climat dans les prix des biens et services. Si nous prenons de bonnes mesures, il est possible d’inverser la tendance. Nous avons les moyens de faire mieux. »

 L’éco-communication

Dans ce contexte de Green IT, comment communiquer avec les bons messages ? Existe-t-il une éco-communication ? Gildas Bonnel – Directeur de l’agence Si# – nous présente la méthode Eco-com : « Chaque entreprise doit aujourd’hui prendre en compte, mesurer et maîtriser les conséquences économiques, sociales et environnementales de son activité. C’est en tant qu’agence de communication responsable un enjeu que nous partageons aujourd’hui avec nos clients.Pour cela, nous les accompagnons à chaque étape de cette réflexion globale, à donner plus de sens à leurs prises de parole (le fond) avec des outils plus respectueux (la forme). »

 La sphère de compétences de Si# se traduit ainsi à deux niveaux :

1. La Méthode Éco-com. Celle-ci permet aux professionnels du marketing et de la communication de découvrir et d’adopter les principes de l’éco-communication, et de limiter ainsi l’impact de l’ensemble de leur activité off line. Conçue en partenariat avec l’ADEME et le cabinet des enjeux et des hommes, la Méthode Éco-com s’articule autour de 3 étapes :

• une auto-évaluation en ligne qui permet de dresser le portrait des pratiques des collaborateurs en matière de communication.

• la définition d’un « projet éco-communication » construite avec les collaborateurs.

• le transfert des services et compétences marketing nécessaires à la mise en œuvre d’un « projet éco-communication ».

 2. La communication sincère et transparente. « Nous avons confronté nos compétences métier [la communication] à nos convictions sociales et environnementales pour proposer à nos clients la mise en place de stratégies de communication responsables et porteuses de sens. »

Cela regroupe toutes les sphères « classiques » et technologiques de la communication (on line et off line, relation presse, partenariat…), pour en faire les vecteurs tactiques de contenus respectant les enjeux du développement durable.

 Pour en savoir plus sur l’agence et sa méthode : www.sidiese.com

 Quid de notre empreinte carbone ?

A l’occasion de cette conférence, une petite enquête a été menée par Vincent Furgerot et Mélina Sahli (Le Geste Environnemental) auprès des différentes personnes présentes (« moyen de locomotion et nb de km parcourus… »).

 Résultats :

• 35 personnes • 721 km parcourus • La voiture a été utilisée dans 34 % des cas et le train par 49 % des participants

• 119 Kg d’émission de CO2 = émission équivalente à 5336 Km en TGV ou 21 A/R en avion Paris-Marseille. Bonne nouvelle : nous obtenons un A (la meilleure note) !

 Pour en savoir plus sur le Geste Environnemental : www.legesteenvironnemental.com

 Les 7 gestes essentiels du Green IT

1. Utilisez votre matériel le plus longtemps possible

2. Recyclez

3. Achetez du matériel d’occasion reconditionné

4. Privilégiez du matériel éco-conçu

5. Débranchez les appareils électriques

6. Utilisez le mode veille aussi souvent que possible

7. N’imprimez que le strict nécessaire, en recto verso et en mode brouillon aussi souvent que possible

Livres…
« Et pour quelques degrés de plus » (Christian de Perthuis)

Partant du principe que l’usage de l’atmosphère ne doit plus être gratuit, Christian de Perthuis montre que l’émergence, au plan international, d’un prix du carbone permettrait de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre. C’est l’un des objectifs majeurs de la conférence de Copenhague sur les climats. Au-delà de cette étape, il nous livre la feuille de route économique de la prochaine décennie en matière d’action contre le changement climatique.

 Ce livre a également retenu l’attention de la rédaction de Futuribles (n°361, mars 2010), et celle de La Tribune qui a relayé l’édition de ce dossier spécial sur la taxe carbone dans cette revue.

 Le Guide de l’éco-communication (AACC)

Dans cet ouvrage, l’ADEME apporte des réponses concrètes et argumentées à toutes ces questions, parmi beaucoup d’autres :

* Pourquoi intégrer le développement durable aux actions de communication ?

* Comment éco-concevoir tous les supports de communication ?

* Quelle démarche adopter pour rendre les manifestations événementielles éco-responsables ?

* Comment inscrire cette démarche dans la durée, puis la valoriser ?

 Fort de témoignages de professionnels de la communication, cet ouvrage propose de nombreux conseils, astuces et outils et présente des exemples pratiques, sans oublier des pistes de questions à se poser avant, pendant et à l’issue de toute démarche.

 « Le Livre Vert » (le Syntec Informatique)

10 thématiques identifiées (ordre de publication non chronologique) constituent les différents volumes du Livre Vert de Syntec informatique :

• Dématérialisation • Télétravail, télé-présence, communications unifiées • Optimisation des processus métier • Eco-conception, collecte et recyclage des déchets • Comptabilité carbone • Gestion de la conformité réglementaire et dimensions sociétales • Poste de travail • Impression • Centre informatique (serveur, stockage, réseau) • Architecture logicielle

A propos François Trouillet

Directeur de @Grenoble_EMSI une école de @Grenoble_EM . Teaching Marketing. Fan of Digital, Social Media, Cloud Computing, Big Data, Innovation. I have been working for blue chip IT companies such as CA Technologies, SAP, Business Objects, HP, Digital and Baan.
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